Gaëlle Michel
Aujourd’hui je vis et travaille à Tence, en Haute-Loire, mais j’ai passé toute mon
enfance et une partie de ma vie d’adulte à La Ciotat, près de Marseille. Dès le
lycée je m’oriente vers des études d’arts appliqués, et vais développer durant ces
années une vraie passion pour le dessin, la forme, l’expression plastique et
découvrir tout le potentiel que cela m’offre.
Au terme de ces études, entre 20 et 23 ans, je réalise une première série
d’oeuvres personnelles et expose pour la première fois à La Ciotat et à St Cyr/mer.
Cette époque est cependant aussi celle des doutes, des hésitations, et va
déboucher sur un retour aux études : je serai éducatrice spécialisée. Ce sera
aussi le temps de la maternité et des enfants qui grandissent jusqu’à ce qu’en
2007, alors installée à Marseille, je reprenne mes outils de dessin pour réaliser
quelques petites histoires graphiques, puis modifie mon activité professionnelle
pour l’amener vers plus de légèreté, plus d’art et plus de temps pour peindre.
En 2008 je m’engage réellement dans la peinture, en parallèle de mon activité
d’animatrice en maison de retraite et de divers ateliers d’arts plastiques avec
toutes sortes de publics, et commence à exposer régulièrement.
Je travaille alors autour du portrait et du corps, à l’acrylique, dans une approche
assez crue, cherchant dans la réalité de la chair une certaine vérité, parfois
violente parfois plus douce, avec une pointe d’humour notamment dans une série
« plage » où j’aborde la représentation du corps féminin dans son relachement,
sans artifice, trivial. Ma recherche va ensuite évoluer vers un changement de
médium : par une technique de transfert à chaud (au fer à repasser) de dessins
exécutés au pastel gras, jouant avec la superposition de supports, la répétition
des transferts, la transparence, le flou, la dégradation que la chaleur opére sur le
pastel, j’explore alors une interprétation du corps plus dynamique, en
mouvement.
J’habite alors dans un immeuble à Marseille dont les fenêtres donnent sur une
grande pinède, je vois tous les jour ces arbres, ces buissons, cette herbe, j’ai
étudié le travail de Lucian Freud par rapport au portrait et au nu, mais aussi ses
peintures du jardin depuis son balcon : tout à coup j’en ai un peu assez des
humains (il faut dire que le travail social m’occupe depuis assez longtemps et que
la question de l’écologie commence vraiment à me tourmenter), ils vont
disparaître de mes toiles pour laisser place à la nature (même si on peut
discerner quelques traces de leur présence).
Un passage à vide va suivre, je bricole et griffonne, travaille avec une autrice sur
l’illustration de ses textes, mais peins peu. En 2022 l’énergie revient et je me
réattelle à la peinture de paysages, laissant ma nature un peu maniaque me
rattrapper, et le souci du détail m’envahir ; cette période continue aujourd’hui.
En mai 2023, je décide de me consacrer plus exclusivement à la peinture et
abandonne mon emploi salarié ; en septembre suivant je quitte Marseille et le sud
pour m’installer en Haute-Loire.
Je partage aujourd’hui mon temps entre mon activité de peintre et l’animation
d’ateliers d’arts plastiques.
"Les paysages peints par Gaëlle Michel sont issus de différents lieux qu’elle a arpentés, observés, contemplés, avec lesquels elle a entamé un dialogue visuel. Elle choisit des paysages et panoramas assez peu identifiables géographiquement, sortes de paysages « types » laissant libre cours aux interprétations.
D'abord, lorsqu'un endroit lui permet de se projeter dans la mise en œuvre d’un tableau ou d’un dessin, elle le photographie selon différents angles, différents cadrages. Elle retravaille ensuite les photographies, sélectionne celles qui lui conviennent puis s'en détourne, le laisse maturer, attendant que ce paysage revienne à sa mémoire et trouve son format.
Gaëlle Michel puise sa matière picturale dans l’articulation des formes, des couleurs, de la structure, des ombres et des lumières de ces lieux, mais aussi dans leur atmosphère - les bruits, l’air, le temps, les odeurs. Les photographies lui servent d’aide mnésique et de guide, lors de la mise en peinture. Leurs défauts (flou, manque de finesse du grain,…) influent sur le traitement pictural, qu’elle laisse différer d’une oeuvre à l’autre, voire même au sein d’une même réalisation, au gré du souvenir des perceptions transmises par les lieux,
Le support qu’elle utilise modifie aussi sa touche, elle travaille indifféremment sur bois, sur des toiles recyclées où la peinture précédente a laissé des reliefs apparents, sur des draps anciens dont la rugosité retient le pinceau… Elle n’utilise en peinture que les 3 primaires et le noir et blanc, qu’elle nuance au fur et à mesure, cette contrainte de départ permettant un usage plus subtil de la couleur.
Les motifs proposés par la nature sont infinis, les nuances de couleur, les textures, les matières, Gaëlle Michel y trouve prétexte à fouiller, ciseler, revenir, travaillant le détail de façon quasi obsessionnelle, le sujet n’étant plus qu’un prétexte ; ce processus envoûte le spectateur, lui présentant à première vue une image aboutie qu’il reconnaît, dont le réalisme et l’esthétique immédiatement accessibles créent le doute quant à un cliché photographique. Ses compositions privilégient le cadrage « serré », la densité et la proximité du motif, plutôt le grand format, sollicitant le spectateur à ne pas rester à distance. L’étonnement est là quand en s’approchant, tout repère disparaît au profit d’une abstraction composée de formes, d’ombres et de lumières. Le jeu de la lumière est central dans sa pratique. Elle utilise beaucoup de noir, ou du noir coloré, en première couche, s’attachant ensuite à en faire émerger la clarté, les vibrations inscrites dans sa mémoire.
Elle invite à partager les questionnements qui soutendent son choix de peindre la nature dans son abondance et dans des endroits où la figure humaine est absente, même si on peut en discerner quelques traces.
Gaëlle Michel taquine ce rapport entre réalité, figuration et représentation le réel, s’interrogeant sur ce que la peinture peut signifier au-delà de ce qu’elle montre et exprimer au-delà de ce qu’elle tait. Le réel, au sens de « visible », est un vrai objet de fascination pour elle et sans doute, un des moteurs de son travail. Elle tente de le traduire, de l’interpréter de manière sensible, en hommage à la majesté des arbres où des rochers sans négliger le reflet sur le brin d’herbe auquel on ne prête pas attention."
| Disciplines | Art Plastique, Dessin, Peinture |
|---|---|
| Sujet | Nu, Paysage, Portrait, Scène de la vie |
| Techniques | Acrylique, Encre, Mixte, Pastel |
| Support et matériaux | Bois, Papier, Toile |
| Tendances | Figuratif |
| Code postal | 43190 |
|---|---|
| Ville | Tence |
| Région | Auvergne-Rhône-Alpes |
| Numéro de téléphone | |
| Site web | https://www.instagram.com/gaellepaintings/ |





