Ce qui reste est le résultat d’un processus où à chaque étape de ma pratique il y a une perte jusqu’aux tableaux, tous, des tableaux « ratés » ! Perte lorsque la personne peinte exprime son désir, tant le signifiant ne peut transmettre tout un monde intérieur, c’est pour cela que Lacan définit le sujet comme divisé par le langage. Perte dans l’écoute où une sorte de filtre agit laissant de côté certaines subtilités, en en plongeant d’autres dans l’inconscient. Perte au moment de peindre ce que je pense avoir saisi de ce qui m’a été confié. Perte entre le tableau et le regardeur. Perte comme processus même de l’inconscient. Mais évidemment toutes ces pertes sont autant d’espaces pour l’imaginaire qui transforme cette perte en autre chose qui devient alors un plus, plus de plaisir ! Le reste est sûrement aussi une illusion, une vanité, car il ne restera rien. Ce rien est un impensable face auquel nous luttons de toutes les manières possibles, parce que laisser une trace c’est lutter contre toutes les exterminations, c’est aller dans le sens d’une continuité de penser à cet autre qui va venir, avec qui nous serons reliés par le regard. Le regard est ce pont invisible et puissant qui défie le vide « entre » toutes choses, entre tous les êtres et les époques. Le tableau est comme un tremplin sur lequel le regard peut rebondir et relier passé, présent et futur. Le reste est donc peut-être le regard, et le regard est le rien. Le regard est l’axe majeur de l’hystérie, il nous met « hors de soi », nous donne accès, dans l’excès, à l’aveuglement de la vision divine, du grand Autre. C’est également par le regard que les alchimistes élaborent leur pensée analogique, leur langage fait d’images, véritables signifiants dont le signifié appartient aux initiés. Le regard c’est la vision, une croyance qui nous révèle à nous-mêmes. Et si la méditation « ferme les yeux » c’est pour voir les tableaux de notre esprit comme un visiteur de musée. Mais ce regard aussi nous échappe, nous ne pouvons pas le retenir, il fuit, disparaît, nous perdons sans cesse ce que nous voyons et notre esprit tente par la mémoire et le souvenir de les retenir par les images. Pour preuve, toutes ces photos et films que prennent les touristes en présence de ce qu’ils ne verront qu’une fois, pour palier à cette limite propre à la condition humaine. Le regard nous échappe.
| Disciplines |
Art Plastique, Dessin, Installation, Peinture |
| Sujet |
Portrait, Scène de la vie |
| Techniques |
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| Support et matériaux |
Bois, Papier, Toile, Verre |
| Tendances |
Figuratif |
| Code postal |
91520 |
| Ville |
Egly |
| Région |
Île-de-France |
| Numéro de téléphone |
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| Site web |
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