Biographie.

PUBLICATIONS
Abstrait Mode d'emploi
ed. lulu.com, 2007-2011, ISBN B0029JBPCW
http://www.lulu.com/shop/thierry-moutard-martin/abstrait-mode-demploi/paperback/product-14936927.html

Outremer: broyage et formulation, (n°1 des Cahiers du Broyeur de Couleurs)
ed. lulu.com, 2012, ISBN en cours.
http://www.lulu.com/shop/thierry-moutard-martin/broyage-de-loutremer/paperback/product-20007257.html

PRESENTATION DE L'ARTISTE
Apprentissage
Depuis qu'il a commencé à peindre, le parcours de Thierry Moutard-Martin a été un chemin de la figuration vers l'abstraction et le dépouillement.
Comme tout le monde, il a dessiné bien longtemps avant de savoir écrire. Puis à l'âge où il était censé s'arrêter, il a continué.
Sa formation de peintre a reposé sur la tradition picturale européenne : travail sur le motif, harmonie des couleurs, perspective, composition, anatomie artistique, modèle vivant, etc. Il a notamment suivi un atelier au Louvre sur les techniques picturales des renaissances flamande et italienne. En marge de son travail personnel, il continue d'ailleurs à copier et pasticher occasionnellement des tableaux anciens pour en reconstituer les techniques d'exécution avec les mêmes matériaux.
Il a également entrepris un travail de recherche sur la relation qui existe entre la formulation des peintures artistiques et leurs propriétés rhéologiques (fluidité, viscosité, coulure, tenue et forme des empâtements, brossabilité, etc.). Le but est de rendre plus précises les analyses et les reconstitutions de peintures anciennes, mais aussi d'offrir aux artistes des peintures modernes dotées de qualités inédites.


Figuration
Ses premiers tableaux exposés, études de nuages, marines, paysages ouverts sous de grands ciels calmes, se situaient encore dans la tradition post-impressionniste. On y reconnaissait entre autres l'influence lointaine de Monet. Mais l'oeil exercé pouvait aussi y discerner des références stylistiques et thématiques plus contemporaines à certaines œuvres des paysagistes américains ou de Gerhardt Richter, par exemple.
Dans ces paysages, la présence humaine était infime voire inexistante. Ils n'appelaient pas le sentimentalisme ou le débordement expressif du moi. Ils favorisaient la méditation, la contemplation des éléments naturels. L'artiste les voulait à vides , c'est-à-dire remplis seulement par un espace libre le plus vaste possible. Ainsi le spectateur se voyait offrir un lieu où la rêverie pouvait se déployer en toute liberté, un lieu dont les couleurs étaient déterminées surtout par des fluides ou des choses impalpables : l'eau, l'air, la lumière. Bien que figuratives, ces toiles n'étaient pas faites pour donner prise à un discours interprétatif intellectualisé ; elles étaient faites pour que l'on s'y perde en douceur et en silence. Malgré l'attention portée aux phénomènes lumineux, ce qui permettait de les comprendre, ce n'était plus du tout l'enregistrement du réel cher aux impressionnistes du XIXe siècle, c'était l'attitude intemporelle des peintres orientaux pour qui le paysage est un espace où la plus fine ligne peut se révéler l'horizon d'un océan. Le peintre y attirait le regard vers une lumière et un calme suffisamment intenses pour qu'on puisse s'y dissoudre.
Thierry Moutard-Martin recherchait donc dans la nature les visions les plus simples, les moins narratives. Il écrivait : Je ne cherche ni la décoration, ni l'anecdote, simplement la vue de l'intact. Une neige vierge n'est pas vide de tout motif : il faut juste comprendre que même là où aucune trace ne la sillonne, il y a quand même quelque chose à voir. Il faut juste apprendre à voir la neige elle-même . On était ici à l'exacte limite de l'abstraction.
Peu à peu, ce vide où l'esprit pouvait méditer librement est devenu le seul sujet du tableau. Au lieu de choisir des images ressemblant à cet espace libre, Thierry Moutard-Martin a peint directement l'espace en question, basculant ainsi vers la peinture abstraite.


Abstraction
Son travail actuel emploie le langage du minimalisme pour souligner la matérialité du tableau. C'est-à-dire que le tableau est travaillé en tant qu'objet autonome et non en tant que surface renvoyant à autre chose qu'elle-même. Il est le moins descriptif possible. Tous les traits matériels en sont exactement aussi importants les uns que les autres. Le grain particulier de la toile est aussi important que la couleur choisie, la porosité de la préparation ou l'espacement des agrafes en inox sur la bande de clouage. Moins le tableau comporte d'esbroufe brillante, plus on peut faire attention à ses caractères essentiels les plus modestes.
Les toiles paraissent parfois monochromes au premier coup d'oeil, mais avec un peu d'attention on y voit des halos centrés, peints en couleurs froides et claires : blanc d'argent, violet de cobalt, bleu d'outremer, plus ou moins rompus par les fonds des toiles ou les préparations qu'on voit en dessous d'eux. La variation colorée joue sur les seuils de perception sensorielle du spectateur. Le tableau est un espace qui attire le spectateur vers une forme d'expérience limite, de recherche d'absolu. L'idée de dissolution dans la matière et la lumière est toujours présente, mais elle n'est plus suggérée par l'intermédiaire de la figuration d'un paysage plus ou moins reconnaissable. Elle doit être éprouvée directement lorsqu'on regarde le tableau.


Expérience limite
Les recherches techniques que Thierry Moutard-Martin mène depuis plusieurs années trouvent dans cette expérience de dilution de l'être leur champ d'application privilégié. Elles ont pour but une connaissance et une maîtrise maximum de tous les paramètres d'exécution du tableau. L'idée qui en est la base est celle selon laquelle la production d'une œuvre d'art est un évènement complexe qui met en jeu tout le système matériel de l'univers.

La tradition occidentale a érigé l'artiste en conscience autonome, en personne séparée regardant
de l'extérieur à la matière qui l'entoure, comme s'il n'en faisait pas partie. En réalité, le peintre à comme n'importe qui n'est rien d'autre que de la matière arrangée selon un degré d'organisation plus élevé et plus complexe. Nous ne somme pas si différents de ce qui nous entoure. Et d'ailleurs, ce rassemblement complexe de matière suivant une forme qui fonde notre identité est très provisoire. Les éléments qui le composent ne font qu'y séjourner quelques heures, quelques années ou quelques décennies avant d'être de nouveau dispersés dans des arrangements plus simples. Il faut voir l'univers comme un continuum de matière en mouvement dont le degré d'organisation varie localement jusqu'à la possibilité du retour réflexif que nous baptisons conscience . Nous sommes les lieux où l'univers se voit lui-même.
Cette façon de voir implique que la production d'une œuvre d'art soit un évènement matériel d'ampleur universelle, comme l'explosion d'une supernova ou le repas d'une fourmi. L'artiste n'est que le vecteur local de cette production. Il ne compte pas plus que la lumière qui tombe à cet instant dans son atelier, la température qu'il y fait, les sons musicaux ou non qui l'environnent, la gravitation qui fait couler sa peinture diluée vers le bord inférieur de la toile Au total un nombre infini de paramètres matériels dont les plus compliqués et les plus difficiles à décrire tiennent à sa personne mais ne différent pas fondamentalement du reste du flux de matière universel. à partir de là, connaître dans le détail le plus fouillé ces paramètres matériels de l'apparition d'une œuvre d'art, cela devient une aventure extraordinaire. C'est une sorte de communion avec le monde des atomes et de la lumière. Le peintre, les milliards d'atomes contenus dans chaque grain de pigment de sa peinture, les soies de sa brosse avec leur souplesse et leur résistance, la pâte composite qu'il travaille et dont il ajuste la viscosité pour la rendre plus ou moins liquide, les nuages qui passent au dessus de l'atelier, tout cela ne forme plus qu'un seul système. Le tableau est la trace laissée visible de cet instant d'unité absolue. C'est cela que j'appelle la joie de peindre, et je crois que si le tableau est réussi, elle doit y rayonner, elle doit se voir encore dans sa simplicité. Mon rêve serait que le spectateur éprouve à son tour cette dilution, ce sentiment d'appartenance à l'univers, cette identité avec toute matière existante, cette espèce de plénitude sans pensée .

La peinture abstraite est souvent pour les artistes l'occasion de s'exprimer avec force au travers d'une liberté gestuelle qui remplit et sature la toile. Le tableau est alors rempli par les angoisses, les désirs, les pulsions du peintre. Il n'y a plus de place pour le spectateur. Mais ici, c'est l'option inverse qui est choisie. L'espace est vide de tout motif, qu'il soit figuratif ou non. L'artiste ne s'y exprime pas. Il laisse au spectateur un espace de liberté où son regard est maître, un espace où enfin on ne lui impose aucun discours, aucun trajet, aucune idée ; seulement du silence et de la lumière. Ces tableaux sont uniquement faits pour être regardés. Il ne s'y trouve rien d'explicable. Le seul discours auquel ils peuvent donner lieu est celui de la description technique et matérielle détaillée. C'est la raison pour laquelle ces tableaux n'ont aucun titre. Au dos des toiles, sur les barres des châssis, au lieu de titres romantiques l'artiste a écrit un compte-rendu détaillé de l'exécution technique : type de toile, nature chimique et formulation détaillée de toutes les couches picturales, depuis l'encollage jusqu'à la dernière couche à l'huile, liste des pigments employés, etc. Son souhait le plus orgueilleux serait d'être copié jusque dans les procédures matérielles qu'il emploie pour parvenir au résultat visible de chaque tableau.
Le radicalisme abstrait de ces peintures est une façon de décourager toute transposition discursive de leur teneur ; c'est donc aussi une façon d'encourager l'action de les regarder sans faire appel à un bagage interprétatif savant. Elles ne se déchiffrent pas, ne se lisent pas. Elles se regardent. La démarche adoptée est celle de la recherche de l'essentiel. Se situant volontairement dans la filiation d'Ad Reinhardt (le maître qu'il admire le plus), Thierry Moutard-Martin s'inscrit dans le courant des artistes qui travaillent autour de la peinture pure , celle qui fait éprouver une expérience esthétique et rien d'autre.


Salons.

Fête des Beaux-Arts à l'Opéra,
Salon de Chanteloup Les Vignes,
Salon des artistes du IXe arrondissement "Résolument 9",
Nuit blanche Paris,



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