Biographie.
La statuaire nous regarde depuis les corridors du temps et des continents.
Dessin au charbon , statue de marbre ou de plastique .
Moulage d’un corps mort ou vivant .
Moulage de notre œil , qui avec nos mains , moule le vivant .
La statuaire est aussi moderne que n’importe quoi .
Elle révèle les corps des marcheurs , lents , rapides , cul-de-jatte , idiots ou brillants .
Les corps sont des milliards de possibles , des milliards de plans , qu’un œil acéré et courageux dompte comme des fauves .
La statuaire vit dans les marcheurs ; les marcheurs ont leur poids et leur ombre dans la statuaire .
Les marcheurs sont des ouvreurs d’espace .
Rien ne les concerne en particulier dans la civilisation , ni le nomadisme ni l’urbanisme , ni aucun préjugé en isme .
Quiconque veut se les approprier les perdra .
Ils ouvrent et ils ferment aussi .
Comme une respiration , ils croissent et végètent avec le monde .
Ils abolissent le temps ( qui passe ) , en passant à sa place .
Tourneurs en rond , voyageurs courageux , jouisseurs , infirmes, passeurs de porte, penseurs … , les corps des marcheurs sont l’aiguille de l’horloge de la conscience , et la statuaire en est le révélateur.
L’antique statuaire portait des noms de dieux et de mythes , la nouvelle les a tous avalés dans la conscience protéiforme des marcheurs .
