Biographie.
Par Sophie Bernhardt
Par le biais de sa peinture, Mina appelle à un peu moins d'amnésie. Les origines (de chaque société) sont chamaniques mais nous sommes à une époque où nous nous en sommes coupés. Pour retrouver les gestes qui accompagnent les rituels et la part de sacré, elle utilise des objets et l'écriture, cet outil de transmission à voir plutôt qu'à lire ou entendre.
Elle considère sa peinture comme un objet et non un lieu de reproduction. Dans une société qui emploie le monde virtuel comme refuge, l'Internet, les médias, la notion d'effort, du tangible disparaît. Son acte de peindre est de rappeler l'objet toile en mettant l'objet au centre de son travail.
On retrouve dans son rapport ' l'écriture ce même souci du rapport aux origines et à l'acte, l'objet. En effet, dans le monde qu'elle décrit, l'écriture est devenue un substitut à l'oralité. Dans les villages, l'oralité était le moyen de transmission des vieilles femmes. Elles ne savaient pas lire et leur savoir était lié à l'acte et à la parole, montrer et dire pour transmettre. Mina a été marquée dans son enfance par ce souci de la transmission et retrouve dans son travail l'écriture comme un acte, un objet où c'est le fait de l'avoir fait qui importe, plus que son contenu, le contenant comme action. L'importance de l'écriture devient celle de l'apprentissage pour faire et pas seulement pour dire.
Son intérét pour les figures de la culture africaine vient de cette recherche. Elle y retrouve une culture moins manièrée, qui allie l'utilité à l'application. Le travail des matériaux naturels, la recherche épurée des formes fait de chaque objet d'art aussi un objet du quotidien, qui appartient au monde dans lequel il a été créé. On est loin d'une logique de consommation et de reproduction car chaque objet est fait pour vivre avec ceux chez qui il est. Elle retrouve ainsi la notion de rituel, d'objet à sa place, d'art acte. Elle retrouve également dans l'acte même de création de l'objet la notion de compagnonnage et de regard observateur qu'elle avait avec les femmes des villages de son enfance. Mina ne voit pas la culture africaine d'un œil esthétique mais plutôt comme un rappel à des valeurs fondamentales de transmission et de ritualisation de l'art qu'elle a la sensation que nous avons perdue. Elle ne prêche pas pour un retour en arrière mais son travail veut rappeler que l'objet, reproduit virtuellement, ne sera jamais celui que l'on crée, un objet vecteur de transmission et d'un effort.
Salons.
25 juin - 25 juillet 2006 3-ème Salon d'Automne à Sarria (Galice-Espagne)
Expositions.
JPO du XVI - Vente aux enchères le 13 mai 2006, Marché de la Création, Boulevard Edgar Quinet 75014 à 14h30
28 avril - 2 mai 2006 - Séoul Insadong - Cor



