Biographie.
Les messagères de la lumière
Je peins mon âme par nécessité de reconstituer une mémoire. Le dessin automatique, comme disait André Breton, est l’expression qui sort de l'inconscient. La pratique du dessin automatique m'a aidé à descendre dans les profondeurs de mon être, à faire face aux fantômes de mon enfance. Dans cette quête intérieure, j'explore des pays, non pas lointains mais enfouis, enfouis en mon for intérieur. Je me fraye un chemin, creuse couche par couche vers les territoires inexplorés qui m'habitent. Mes peintures qui émergent du prolongement de ma propre pulsation sanguine sont la traduction émotionnelle, le réflecteur de mon vécu et de mes visions.
Le souvenir inconscient de mort et de maladie remonte à la surface et se mêle à mes projections de l'instant. Avec le temps, j’assimile les expériences vécues dans ma petite enfance. J’ai été confrontée très jeune à la perte de mon frère et puis à celle, très lente, de ma mère. À la même époque, j’ai failli perdre la vue d'un œil et me retrouver à moitié dans l'obscurité. Entre trois et quatre ans, j'ai réalisé deux petits pastels gras qui représentent aujourd’hui le déclic pour ma création : voir la lumière, même dans la pénombre. Ces deux dessins d’enfant ont déclenché en moi une volonté de vivre, de voir et de créer.
Je parlais de ma mémoire. Pour autant, cette mémoire nous est commune; nous sommes les héritiers de toutes nos peurs et souffrances à vaincre et de toutes nos plaies à soigner. Nous sommes les héritiers de tous nos souvenirs douloureux psychiques ou physiques. La mémoire est notre compagnon. Elle est la voix intérieure qui nous secoue.
Une œuvre qui interroge l’humain sur ses démons. Ce n’est pas la cruauté qui est peinte, mais l’espoir que chacun peux nourrir. De toile en toile, la fenêtre est devenue ouverture vers la vie. La vie que j’associe à la lumière et aussi minime soit-elle, elle est la lueur d’espoir pour continuer. La fenêtre est une invitation à franchir le seuil, à quitter le huit clos dans lequel nous enfermons notre solitude hantée de cauchemars. La fenêtre est l’invitation à vivre, à céder la place à la lumière. Du silence qui s’étend au début sur la toile naît un chuchotement. Doucement, tout doucement, ce chuchotement s’amplifie. Se mue en cri. Un chuchotement assourdissant. Les messagères de la lumière.
1966 Née à Munich/ 1986-89 Séjours artistiques à Ajaccio et Pari/ 1989-91 École d’Art de Bayonne; Peintre de Décor au Théâtre du Versant à Biarritz/ 1991-94 École des Beaux Arts de Brest/ 1994-96 Vis et travaille à Toulouse/ Depuis 1996 Vis et travaille dans le Tarn
Expositions.
Autoren Galerie 1, Munich

Les messagères de la lumière n°1, 110 x 70 cm, 2012, pastel sec, pastel à l'huile et cire d'abeille sur toile libre


